Bientôt des RER métropolitains dans toute la France

Fin 2020, la SNCF a publié un rapport définissant son schéma directeur et le principe de « services express métropolitains » (SEM). L’objectif est de développer des lignes urbaines avec une fréquence élevée, notamment aux heures de pointe. La création de billets communs à vocation d’harmoniser le réseau de transports à l’image des RER franciliens est également prévue.

De nombreuses métropoles se lancent dans le projet. Cette nouvelle dynamique permettra de structurer la mobilité en France de façon différente.

 

Quels sont les objectifs du développement des SEM ?

 

Le 9 octobre 2020, la SNCF remettait un schéma directeur au ministre des Transports. Ce schéma définissait les caractéristiques et les intérêts territoriaux, économiques et environnementaux du développement des “services express métropolitains”. L’objectif principal avancé étant d’améliorer les déplacements quotidiens des Français tout en intégrant pleinement l’enjeu environnemental.

Concrètement, les SEM ont pour objectif de doubler la part modale de train dans les agglomérations, d’ici une dizaine d’années. Les services ferroviaires seront également plus complets et plus attrayants.

Il s’agit premièrement d’optimiser le réseau ferroviaire existant afin d’accroître, par exemple, la fréquence des circulations. Dans un second temps, viendra l’aménagement “des gares et des haltes au plus près des besoins locaux”. Pour finir, le réseau SNCF procédera à la mise en place d’un service en correspondance avec d’autres modes de transport.

Ce schéma a mis en lumière les besoins locaux et les enjeux de mobilité, démographiques et économiques de nombreuses métropoles. Parmi celles-ci, on retrouve Aix-Marseille, Lille, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Nice (Côte d’Azur), Nantes, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Le RER, un modèle inspirant socialement et écologiquement

 

Le premier réseau express régional (RER) fut inauguré en 1977 par le président Giscard d’ESTAING. Il reliait plusieurs villes de banlieue à Paris, par une jonction souterraine. Les Franciliens bénéficiaient alors d’une solution rapide pour leurs déplacements quotidiens et de la possibilité d’habiter plus loin en banlieue, tout en venant travailler à la capitale.

Aujourd’hui, ce réseau, cogéré par la RATP et SNCF, accueille près de 2,7 millions de voyageurs par jour. De plus, il participe à d’autres dynamiques, dont celle du tourisme.

Par ailleurs, un réseau de RER efficace permet de drastiquement réduire l’utilisation de la voiture individuelle au sein d’une agglomération.

Cet enjeu écologique et environnemental est aujourd’hui primordial. Selon Patrick JEANTET, PDG de SNCF Réseau : “Aujourd’hui, la part du ferroviaire dans les déplacements est inférieure à 10 %. C’est nettement trop faible, alors que ce mode de transport représente moins de 1 % des émissions de CO2 du secteur des transports”.

Les services express métropolitains, vers une évolution de nos mobilités

 

Le milieu urbain centralise des problématiques liées au dérèglement climatique et plus particulièrement à la pollution. Une étude de 2018 réalisée par l’ADEME affirme que le secteur des transports est “le principal émetteur de CO2 en ville, avec 39 % des émissions totales de gaz à effet de serre”. Toujours selon cette étude, en 2015, “la route représente plus de 80 % des consommations de ce secteur, suivi de l’aérien, du ferroviaire et de la navigation intérieure”. Il apparaît pertinent de concentrer nos actions en faveur de la transition durable de nos territoires sur le développement harmonieux de nos réseaux ferroviaires.

Le secteur public légifère et met en place des outils facilitant l’apparition de dynamiques durables dans le secteur des transports, notamment avec l’élaboration de la Loi d’Orientation des Mobilités de 2019.

Cependant, l’une des limites de ces projets d’envergure reste l’absence de connexions rapides et efficaces inter-périphériques. Verra-t-on se développer des réseaux polycentriques permettant de lier chaque commune d’un pôle urbain ? Ou bien la ville-centre maintiendra-t-elle la première place, parfois si méprisante par rapport à celles situées dans la périphérie proche et encore plus lointaine ?

 

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